C’est pas mal certain que vous l’avez soit su, ou simplement qu’on se soit vus. Tant mieux si c’est le cas. Si non, veuillez me pardonner. J’ai passé une semaine assez étourdissante à faire le tour de tout et tout le monde en tournant certainement quelques coins ronds. C’est sûrement l’affaire la plus folle que j’ai faite jusqu’à présent, décider à la dernière minute d’aller en vacances à la maison (y a-t-il là présence d’oxymore?)
Parce qu’en effet, j’ai vraiment eu l’impression de visiter mon chez-moi. Déjà quand je suis débarquée à l’aéroport, on m’a informé que j’avais rempli la mauvaise fiche (soit résident canadien) et que j’aurais du remplir visiteur puisque j’étais considérée comme résidante au Royaume-Uni. Ce fut un choc. Agréablement coupable, je dirais. Pour la première fois, alors que j’avais les pieds à l’aéroport Trudeau (que je salue d’ailleurs…) je me suis dite : « Wow, j’habite en Angleterre! ».
Puis la course contre la montre s’est enclenchée; court séjour à Montréal, où j’ai eu la chance de passer quelques heures en compagnie de Karyne (compagnie qui ne fut toutefois pas suffisante… j’en aurais pris beaucoup plus, Karyne ET Montréal). Montée au Saguenay (on remonte le fleuve, c’est ça?) bizous papa, maman, grand-frère, belle-sœur, nièce, amis, grands-mères, dentiste et quelques connaissances inattendues, provisions chez Jean Coutu et quelques essentiels chez IGA (Map-o-Spread, soupe Lipton, sauce à Poutine, beurre d’érable à rapporter en cadeau) et c’était déjà le temps de repartir. J’ai heureusement vu de justesse la neige, pu manger une délicieuse tourtière, faire le plein de livres en Français, conduire (!!!), dévorer tous les journaux québécois (oui, il y a cyberpresse, mais il n’y a aussi rien comme le papier). Et puis c’était le temps de repartir. Visite éclair à 1000 dollars la semaine (Dieu bénisse VISA) et puis tralala me voilà redevenue londonienne. Un coup de vent toi.
C’est vraiment un drôle de sentiment, quand on est tellement habitué à des longs séjours à l’étranger, que de rentrer chez soi juste pour une semaine. D’avoir un bref aperçu de ce que ce serait de revenir. Et je dois avouer qu’en ce sens, ma semaine à été très enrichissante. J’appréhendais le moment où je devrais ré embrasser tout le monde et dire au revoir encore. J’avais un peu peur aussi de ne plus vouloir partir. Souvent, au cours de la dernière année, je me suis questionnée à savoir si c’était le temps de rentrer. Si je n’avais pas fait mon temps. Et ce cours séjour m’a permis de me rendre compte que j’en avais pas fini avec Londres. Que toutes les belles fabulations qu’on se fait d’un retour sont faussées par l’ennui, la peur et le besoin de sécurité. Que la lune de miel post-retour ne dure pas. Elle ne dure jamais. Qu’il vaut mieux foncer dans le présent plutôt que de regarder nostalgiquement en arrière. Je suis quelqu’un qui aime vivre dans le passé. En fait, ça ne m’a jamais apporté grand bonheur que de vivre dans le passé. Donc en conclusion : j’étais bien heureuse de rentrer à Londres, là où ma vie de mon actuel présent du moment m’attendait (notez la présence volontaire de pléonasme).
J’espère que vous avez lu jusqu’ici parce que c’est justement ici que je cesse de parler de moi (Bah! C’est tout de même mon blog! Si je ne parle pas de moi-même, qui est-ce qui va le faire? Le Réveil?!...)
J’ai été déçue ce matin en lisant le journal. Moi qui caressait les affiches de Totem du Cirque du Soleil, placardée partout dans le Métro de Londres depuis quelques semaines en racontant à qui veut l’entendre que c’était une compagnie québécoise et qu’ils faisaient des shows fabuleux; voilà que le spectacle a été super mal reçu par les médias anglais (The Times, The Gardian, The Daily Mail, The Telegraph) ne lui accordant que de faibles 4, 5 ou 6 sur 10 alors qu’ils n’hésitent pas à donner des 8 ou 9 à des films comme Le discours du roi.
Parlant de films, je suis allée voir la semaine dernière 127 heures avec James Franco, film de Danny Boyle (Slumdog millionaire) relatant l’histoire vécue de l’alpiniste Aron Ralston qui est resté coincé 127 heures dans le Grand Blue Canyon, le bras retenu par un gros caillou. J’avais de gros doutes quant au moyen de faire un film captivant avec l’histoire d’un gars qui est resté poigné dans une craque pendant une semaine, mais le film est vraiment poignant, autant que sa chanson thème Never hear surf music again qui je promets, vous restera quelque part dans la caboche pour les jours suivant le visionnement. Et James Franco, ma foi… ou mon foie, avec la scène où il se tranche le bras avec un canif dollorama mal aiguisé.
Et si on revenait à la présence québécoise à Londres ? Parce qu’il n’y a pas que moi et le Totem de Québécois à Londres, il y a aussi les vélos Bixi-de Vinci ! (c’est le cousin de Léonard…) Si vous avez lu le Réveil cette année, ce numéro où ma gueule de vainqueur se retrouve en front, le pied sur la pédale d’un Bixi à Londres (ici ce sont les vélos Barclays, ou les vélos Boris, c’est le maire de Londres, celui qui n’arrête pas de se péter les bretelles parce qu’il a eu l’idée d’importer les vélos). Eh ben sachez que j’étais une sale frimeuse. Je n’étais même pas encore montée sur ces vélos jusqu’à dimanche derni
er, où on a eu la brillante idée avec Shaun et Tony d’en louer pour aller en ville. Si on passe outre le fait que je ne suis fichtrement pas en forme, c’était plaisant et j’ai apprécié. J’ai l’impression cependant qu’il est impossible d’aller un peu vite avec ces vélos, qui sont relativement lents et lourds. Mais idéal pour une balade du dimanche. Et c’est justement ce que c’était, une balade du dimanche. Un 9 janvier ensoleillé qui se fait passer pour un 3 mai. Après les catastrophiques 5 cm qui se sont écroulés sur l’Angleterre en décembre (il y avait là une hyperbole, si vous avez bien suivi) et qui ont paralysé tout le pays pour les fêtes (j’attends encore ma carte de Noël…) voilà qu’on s’en sort pas trop mal avec l’hiver anglais !W
illiam et sa jolie nouvellement fiancée Kate vous envoient leurs salutations, d’ailleurs. X

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