vendredi 8 juillet 2011

Le Pont de la Rivière de la Vie






Il était une fois un jeune garçon et son père. Les deux faisaient une randonnée dans une forêt du Nord –Ouest du Canada. La randonnée s’échelonnait sur quelques jours pour en arriver à ce qu’ils croyaient être l’étape ultime: la traversée d’un pont de 30 mètres de long tremblotant à 40 mètres au dessus d’une rivière très rapide, la Rivière de la Vie.






Le jeune garçon redoutait plus que tout cette étape ultime, ayant une peur bleue des hauteurs. En effet, ce pont était construit de minces lattes de bois. À ce qu’il avait entendu dire, 2 lattes sur 3 étaient manquantes. Il avait aussi lu quelque part sur internet qu’il n’était retenu que par de minces cordes qui semblaient sur le point de se briser chaque fois que quelqu’un traversait le pont. Il avait aussi entendu dire par un ami que cette épreuve était tellement difficile que plusieurs personnes ne s’en étaient jamais sorties indemnes.




Tout au long du parcours, le jeune garçon ne cessa de casser les oreilles de son père : « Es-tu certain qu’on va pouvoir traverser le pont de la Rivière Éternelle papa? Penses-tu qu’on devrait rebrousser chemin? Cela en vaut-il le coup? Et que ferons-nous si… » étaient parmi les phrases que le père entendit sans cesse lors des 7 jours que durait la randonnée avec son fils.
Les craintes du jeune garçon étaient tellement grandes qu’il en oublia d’admirer le paysage lors de la randonnée. La beauté de ses immenses baobab, la splendeur de ses montagnes, le bleu de ses lacs et de ses rivières; il manqua même de remarquer tous les animaux sauvages qu’ils eurent la chance de rencontrer lors de la randonnée.




Le jeune garçon ne pris aucun plaisir à la randonnée tant la peur constante de cette épreuve ultime qu’était la traversée du pont le paralysait.




Arrivée au jour J, le père et le fils atteignirent le bord de la Rivière de la Vie. À leur grande surprise, le pont ne leur semblait pas aussi long qu’ils se l’étaient imaginés! Certes les risques étaient toujours présents mais rien d’aussi inquiétant que les scenarios dont s’était bouleversé le jeune garçon tout au long de la randonnée de 7 jours. Ils entamèrent la traversée au dessus de la rivière et durent bientôt se rendre à l’évidence que le pont avait été réparé; aucune latte ne faisait défaut; le pont était plutôt stable. Le jeune garçon se surpris même à se réjouir de cette expérience et à apprécier la vue – bien que très haute- que le pont offrait sur la Rivière de la Vie.




Arrivé de l’autre côté, soulagé et encore excité de son expérience, le garçon se tourna vers son père et lui dit: « Traverser ce pont fut bien plus facile que ce que je m’étais imaginé! Je regrette de m’être inquiété pour si peu. Ma peur m’a empêché d’apprécier cette semaine de randonnée. Si j’avais su que ce ne serait pas si difficile de traverser le pont de la Rivière de la Vie, j’aurais pris le temps d’admirer le paysage en chemin. Et ces animaux que je ne reverrai peut-être jamais! Quel dommage ! »




Son père lui répondit : « Mon fils, pour cette fois-ci ne t’inquiète pas trop puisque cela t’aura permis d’apprendre. Mais à l’avenir rappelle-toi de ceci : Le pont tu traverseras, quand arrivée à la rivière tu seras. Pas avant »




Le jeune garçon ne gâcha plus jamais une randonnée à s’inquiéter de la difficulté du pont qu’il aura à traverser une fois arrivé à la rivière.

mercredi 4 mai 2011

15 mois plus tard
















Bonjours jeunes gens !

Comment vont les choses de votre côté? Il semblerait que vous vous soyez épris du bon vieux Jack? Coquins! Sera-ce un amour à long terme, où est-ce un "one election stand"?

Heureusement que je me tiens informée et lis les nouvelles (presque) tous les jours; j'aurais une maudite surprise en revenant au Québec sinon.

Quand je suis partie (8 février 2010), partout dans les journaux on évoquait la récession. En étions-nous sortis? Quels en étaient les conséquences? On critiquait sévèrement le gouvernement Harper. Regardez-donc qui a été réélu lundi. Ce n'est pas votre faute vous direz? Vrai. Encore ces pas fins de Canadiens anglais.
On parlait pas mal d'Haïti aussi, il me semble. Le tigre du golf faisait les manchettes. Ah oui aussi: Vancouver se préparait à accueillir les Jeux Olympiques.
Les choses ont bougé depuis.
Je me tiens toujours informée, oh oui! J'ai suivi les élections dans les moindres détails, les (courtes) séries du Canadiens, le procès de Guy Turcotte, les hauts et les bas de votre long hiver... tout !
De mon côté aussi ça à été mouvementé! Ben déjà on n’a pas arrêté de parler de ce mariage à venir (Kate et William of course!) D'ailleurs, les chanceux auront capté mon entrevue à NRJ 94.5 sur le sujet. Non je ne les ai pas vus. Non, je n'ai pas de photos de William, ni d'Harry, ni même de l'un des 7 chiens Corgi de la Reine. En fait on a passé la journée du mariage sur un vieux bateau avec une centaine d'autres personnes à boire du cidre au rythme endiablé d'un jeune bluesman déglingué répondant au nom de Lewis Floyd Henry.

D'un côté un peu plus personnel, je suis allée à Amsterdam, j'ai fumé du pot dans des coffee shop, avalé des champignons magiques (quelqu'un retient mon père pendant que je parle de drogues, s'il-vous-plaît!) J'ai perdu Biscuit, passé des moments mémorables dans la maison d'Anne Frank, pas trouvé de Bretzel (moi qui pensait que c'était en Hollande les Bretzel...)

Ah oui aussi; 'Savez les vélos bixi-de-Vinci-made-in-Chicoutimi qu'importe comment vous les appelez, eh bien je les conduits tous les jours maintenant. Je suis une abonnée fidèle ! J'ai réussi à braver ma peur de la conduite à gauche et jusqu'à présent, je n'ai été heurtée par aucun autobus à deux étages, j'imagine que c'est une réussite en soi.

J'ai eu quelques promotions subséquentes au travail, je suis superviseur maintenant. Ça me donne en gros le droit de porter une chemise plutôt qu'un t-shirt et de dire aux gens quand est-ce qu'ils ont le droit d'aller manger, pisser (et se faire foutre?)

Que dire de plus? La question qui revient toujours est: quand reviens-tu Joyce ? Bientôt... Bientôt... je sais pas trop.

J'ai promis à papa que je ne revenais pas si le Canada élisait Harper encore une fois... faut croire que je vais être ici pour un bon bout' encore !

mercredi 6 avril 2011

Biscuit ou la retraite d'un hérisson







Messieurs et mesdames, bonsoir. Je m’adresse à vous ce soir, de la chambre de mon nouvel appartement, situé au 19 Grange Road, à Londres, pour partager avec vous la profonde déception qui m’afflige.


J’ai perdu cette semaine un ami de longue date, quelqu’un qui fut présent pour moi dans les pires autant que dans les meilleurs moments. Quelqu’un qui a su, par son silence mystérieux et son demi-sourire mitigé (un peu comme Mona Lisa), apporter soutien, réconfort et tendresse à ceux qui ont croisé sa route.


Je parle ici de Biscuit, le très populaire hérisson qui m’a accompagné dans mes aventures au cours des dernières années. Lors de sa courte vie, il a eu la chance de voir plusieurs coins de la France, du Québec, de l’Angleterre, de l’Écosse, de l’Irlande, de la Belgique, de la Syrie, de la Jordanie, d’Israël et tout dernièrement des Pays-Bas, où il a décidé de terminer sa carrière de voyageur et de prendre une retraire bien mérité à Amsterdam.


En effet, c’est lors de notre récent week-end an sol hollandais que mon très cher ami à décidé de mettre fin à son rôle de compagnon de service, s’étant soumis à toute les idioties que nous lui avons fait faire au cours des dernière années. Le soleil, le mode de vie, les coffee shop et surtout le Red Light District lui ont tellement plu, qu’il a décidé d’y demeurer et de mener une vie de hérisson standard, paisible et heureuse.


Ce n’est pas sans peine que je vous communique cette nouvelle ce soir. Je me retrouve à la fois navrée de voir partir celui qui fut mon meilleur ami et mon fidèle compagnon pendant tout ce temps, mais aussi heureuse qu’il ait choisit sa propre destinée et qu’il se résigne enfin à vivre pour lui seul, égoïstement et sans remord. Je ne peux point décider à sa place, et où qu’il soit, je tiens à ce qu’il sache que je respecte sa décision


Je sais qu’Amsterdam lui apportera les beaux jours qu’il mérite tant, et dont il a peut-être manqué en jouant le toutou de service pendant si longtemps.


Je voudrais également remercier tout ceux qui ont croisé sa route au cours des dernières années, et qui lui ont permis de voir au-delà des limites d’un hérisson.


Merci Biscuit, et à bientôt.


À ton tour de vivre tes aventures.


(La photo prise dans le a de Amsterdam est la dernière photo connue de Biscuit.)


lundi 10 janvier 2011

Où je m'improvise critique

Je suis allée passée une semaine au Québec en novembre, je vous avais dis ça ?

C’est pas mal certain que vous l’avez soit su, ou simplement qu’on se soit vus. Tant mieux si c’est le cas. Si non, veuillez me pardonner. J’ai passé une semaine assez étourdissante à faire le tour de tout et tout le monde en tournant certainement quelques coins ronds. C’est sûrement l’affaire la plus folle que j’ai faite jusqu’à présent, décider à la dernière minute d’aller en vacances à la maison (y a-t-il là présence d’oxymore?)

Parce qu’en effet, j’ai vraiment eu l’impression de visiter mon chez-moi. Déjà quand je suis débarquée à l’aéroport, on m’a informé que j’avais rempli la mauvaise fiche (soit résident canadien) et que j’aurais du remplir visiteur puisque j’étais considérée comme résidante au Royaume-Uni. Ce fut un choc. Agréablement coupable, je dirais. Pour la première fois, alors que j’avais les pieds à l’aéroport Trudeau (que je salue d’ailleurs…) je me suis dite : « Wow, j’habite en Angleterre! ».

Puis la course contre la montre s’est enclenchée; court séjour à Montréal, où j’ai eu la chance de passer quelques heures en compagnie de Karyne (compagnie qui ne fut toutefois pas suffisante… j’en aurais pris beaucoup plus, Karyne ET Montréal). Montée au Saguenay (on remonte le fleuve, c’est ça?) bizous papa, maman, grand-frère, belle-sœur, nièce, amis, grands-mères, dentiste et quelques connaissances inattendues, provisions chez Jean Coutu et quelques essentiels chez IGA (Map-o-Spread, soupe Lipton, sauce à Poutine, beurre d’érable à rapporter en cadeau) et c’était déjà le temps de repartir. J’ai heureusement vu de justesse la neige, pu manger une délicieuse tourtière, faire le plein de livres en Français, conduire (!!!), dévorer tous les journaux québécois (oui, il y a cyberpresse, mais il n’y a aussi rien comme le papier). Et puis c’était le temps de repartir. Visite éclair à 1000 dollars la semaine (Dieu bénisse VISA) et puis tralala me voilà redevenue londonienne. Un coup de vent toi.

C’est vraiment un drôle de sentiment, quand on est tellement habitué à des longs séjours à l’étranger, que de rentrer chez soi juste pour une semaine. D’avoir un bref aperçu de ce que ce serait de revenir. Et je dois avouer qu’en ce sens, ma semaine à été très enrichissante. J’appréhendais le moment où je devrais ré embrasser tout le monde et dire au revoir encore. J’avais un peu peur aussi de ne plus vouloir partir. Souvent, au cours de la dernière année, je me suis questionnée à savoir si c’était le temps de rentrer. Si je n’avais pas fait mon temps. Et ce cours séjour m’a permis de me rendre compte que j’en avais pas fini avec Londres. Que toutes les belles fabulations qu’on se fait d’un retour sont faussées par l’ennui, la peur et le besoin de sécurité. Que la lune de miel post-retour ne dure pas. Elle ne dure jamais. Qu’il vaut mieux foncer dans le présent plutôt que de regarder nostalgiquement en arrière. Je suis quelqu’un qui aime vivre dans le passé. En fait, ça ne m’a jamais apporté grand bonheur que de vivre dans le passé. Donc en conclusion : j’étais bien heureuse de rentrer à Londres, là où ma vie de mon actuel présent du moment m’attendait (notez la présence volontaire de pléonasme).

J’espère que vous avez lu jusqu’ici parce que c’est justement ici que je cesse de parler de moi (Bah! C’est tout de même mon blog! Si je ne parle pas de moi-même, qui est-ce qui va le faire? Le Réveil?!...)

J’ai été déçue ce matin en lisant le journal. Moi qui caressait les affiches de Totem du Cirque du Soleil, placardée partout dans le Métro de Londres depuis quelques semaines en racontant à qui veut l’entendre que c’était une compagnie québécoise et qu’ils faisaient des shows fabuleux; voilà que le spectacle a été super mal reçu par les médias anglais (The Times, The Gardian, The Daily Mail, The Telegraph) ne lui accordant que de faibles 4, 5 ou 6 sur 10 alors qu’ils n’hésitent pas à donner des 8 ou 9 à des films comme Le discours du roi.
Parlant de films, je suis allée voir la semaine dernière 127 heures avec James Franco, film de Danny Boyle (Slumdog millionaire) relatant l’histoire vécue de l’alpiniste Aron Ralston qui est resté coincé 127 heures dans le Grand Blue Canyon, le bras retenu par un gros caillou. J’avais de gros doutes quant au moyen de faire un film captivant avec l’histoire d’un gars qui est resté poigné dans une craque pendant une semaine, mais le film est vraiment poignant, autant que sa chanson thème Never hear surf music again qui je promets, vous restera quelque part dans la caboche pour les jours suivant le visionnement. Et James Franco, ma foi… ou mon foie, avec la scène où il se tranche le bras avec un canif dollorama mal aiguisé.

Et si on revenait à la présence québécoise à Londres ? Parce qu’il n’y a pas que moi et le Totem de Québécois à Londres, il y a aussi les vélos Bixi-de Vinci ! (c’est le cousin de Léonard…) Si vous avez lu le Réveil cette année, ce numéro où ma gueule de vainqueur se retrouve en front, le pied sur la pédale d’un Bixi à Londres (ici ce sont les vélos Barclays, ou les vélos Boris, c’est le maire de Londres, celui qui n’arrête pas de se péter les bretelles parce qu’il a eu l’idée d’importer les vélos). Eh ben sachez que j’étais une sale frimeuse. Je n’étais même pas encore montée sur ces vélos jusqu’à dimanche dernier, où on a eu la brillante idée avec Shaun et Tony d’en louer pour aller en ville. Si on passe outre le fait que je ne suis fichtrement pas en forme, c’était plaisant et j’ai apprécié. J’ai l’impression cependant qu’il est impossible d’aller un peu vite avec ces vélos, qui sont relativement lents et lourds. Mais idéal pour une balade du dimanche. Et c’est justement ce que c’était, une balade du dimanche. Un 9 janvier ensoleillé qui se fait passer pour un 3 mai. Après les catastrophiques 5 cm qui se sont écroulés sur l’Angleterre en décembre (il y avait là une hyperbole, si vous avez bien suivi) et qui ont paralysé tout le pays pour les fêtes (j’attends encore ma carte de Noël…) voilà qu’on s’en sort pas trop mal avec l’hiver anglais !

William et sa jolie nouvellement fiancée Kate vous envoient leurs salutations, d’ailleurs. X

samedi 1 janvier 2011

Honteuse intermission

Avez-vous déjà procrastiné tellement que juste l'idée de finalement accomplir son objectif devient ridicule tellement ça fait longtemps que ça devrait être fait? D'espacer tellement l'appel d'un ami, la visite d'une grand-mère ou d'un rendez-vous chez le dentiste que vous osez même plus foncer tellement vous avez honte d'avoir mis autant de temps à le faire ? Eh bien c'est comme ça que je me sens. Cinq mois sans avoir blogué. Je m'en suis aperçu quand Michel Laprise m'a envoyé un e-mail pour me rappeler que je manquais à mon devoir. Donc c'est ce soir, 1er janvier 2011, que je mettrai fin à ce délai ridicule. Cela n'a rien à voir avec le fait que ce soit le 1er janvier. Ce n'est pas une résolution que j'ai prise ce matin. Rien de tout ça, je crois pas aux résolutions. Juste une coïncidence alimentée d'une connexion internet retrouvée après 5 mois d'inactivité.

Donc toujours est-il que je n'écris plus, et il n'y y a pas que Michel que ça inquiète, il y a aussi moi-même qui voit son Français lui échapper de jour en jour. Et ça c'est inquiétant, quand ta langue est ta matière première et que les mots te fuient un peu plus, chaque jour. Jusqu'à appeler un citron un lémon. On ne mélangera pas les pommes pis les poires. Dans mon cas ce sont les citrons pis les lémons.

"Mais dis-moi Joyce, qu'as-tu fait ces cinq derniers mois?" Eh bien, pleins d'affaires mon cher ami. Reprenons déjà où l'on s'est laissé. J'ai quitté mon boulot au Pain. Je suis partie en France deux semaines avec un léger détour en Belgique. Voyage toujours très enrichissant tel un retour aux sources. J'étais cependant heureuse de rentrer à Londres, qui inversement est devenu le lieu où je me sens dorénavant à la maison. Suite à ce joli voyage et à mon incapacité à me trouver un travail qui se "plug" bien lors d'une soirée où on a à s'introduire à des inconnus ("Eh bien moi je travaille dans une boîte de Pub...". On se contre fou que tu sois juste préposé de la machine à café ou du photocopier, l'important c'est que ça sonne respectable) j'ai décidé de rentrer au Québec. La fille elle en a un peu marre d'être la serveuse de service (c'est bien dit ça!) Travailler dans un café ça rayonne pas autant qu' "assistant délégué au matériel et contenu informatique" (chargé de faire des photocopies pour tout le monde au bureau. Je suis redondante avec mon histoire de faiseur de photocopies c'est juste que j'ai vraiment rencontré quelqu'un qui faisait ça à longueur de journée et présenté adroitement, ça sonne même pas perdant). Mais bon; serveuse dans un café, j'ai bien beau le présenter sous toutes ses coutures et aspects, ça restera toujours un job dit "de marde". Même si nous sommes des millions à travailler dans le service et la restauration et qu'au fond je ne suis vraiment pas à plaindre, je réussis même à avoir du fun, ça reste un job dit "de marde". Encore au Québec, avec la montagne de pourboires, ça reste un job prisé. Mais ici, il faut encore que tu sois ultra reconnaissant et que tu remercies le ciel si le client te laisse une poignée de 10 cents, qu'il te laisse pas parce qu'il t'aime bien mais parce que ça pèse trop lourd dans les poches de son complet de business man ultra V.I.P qui a même pas l'obligeance de te regarder quand tu fais 100 pirouettes pour que lui et les gens avec qui il a un meeting très important aient tous leur café latté au lait semi-écrémé dans les délais pour pouvoir débuter leur ordre du jour et conclure des ententes qui semblent toujours décider du sort de la planète.
Reprenons à l'essentiel: Je décide de rentrer au Québec. Voilà branlebas de combat à Londres, je quitte mon appartement clandestinement, j'annonce mon départ à mes amis, j'organise même mon party de départ, je demande à mes parents de venir me chercher à Montréal le vendredi suivant. Et voilà.
Eh ben non. Mes parents ne sont pas allés à Montréal et mes amis ne sont pas venus à mon party de départ parce que j'ai paniqué au dernier moment et j'ai décidé de rester. Il y a tout un tas d'événements associés à ça mais on ne les a pas gardés au montage. Toujours est-il que je n'ai jamais regretté ce choix une seule seconde et ça fait déjà 5 mois de ça.
J'ai décidé que s'en était pas encore fini avec Londres. J'ai repris mon travail (dans une autre branche cette fois, léger vent de fraîcheur). J'ai aussi repris du poil de la bête. Et me voilà repartie servir des cafés latté à ces business men assoiffés.

Sauf que maintenant je sais ce que je fais.

À quelques détails près.

mercredi 11 août 2010

Tant qu'y a d'la vie...

6 mois. Une demi année. Voilà qu’était mon objectif initial. Peut-on dorénavant dire; mission accomplie? Je ne crois pas.

En 6 mois, il s’est passé tellement de choses, mais aussi également trop peu. Je suis arrivée, je me suis installée, j’ai un compte en banque, un médecin, un numéro d’assurance sociale, des amis, un copain, un appartement qui fait l’affaire, avais un travail.

Ce que je m’étais dite au début, c’est que j’allais travailler les 6 premiers mois dans un café. Et qu’après, je me trouverais quelque chose de plus « sérieux ». J’ai donc passé ces 6 derniers moi à attendre, espérer et me préparer mentalement au job de grande personne que j’aurais après 6 mois. Et je savais où j’avais envie de travailler; à la Délégation du Québec à Londres. J’ai postulé il y a de ça 4 mois. On m’a fait comprendre qu’il y aurait éventuellement quelque chose de disponible. Un poste à pourvoir. J’ai attendu. J’ai pas décroisé les doigts.

Il y a trois semaines, après une semaine de raide dingue au café, où juste l’idée de penser à aller travailler me donnait de l’urticaire, j’ai démissionné. Et 3 jours plus tard la délégation m’a appelé. Quelle coïncidence me direz-vous!

Eh ben non. Je suis allé à l’entrevue, j’ai donné mon maximum et j’ai échoué. J’avais même acheté des talons hauts.

Donc en 5 minutes j’ai perdu mon travail, ma source de revenu, et l’espoir de ce job que j’entretenais depuis des mois.

Parce que j’ai eu ma chance. Et je suis passée à côté.

C’était mon seul As. Je suis à court d’idée.

C’est pour cette raison que je pars passer deux semaines en France. Peut-être l’inspiration viendra-t-elle en changeant d’air.

Je suis désolé si cet article ne vous a pas fait rire. J’ai essayé, je vous jure.

lundi 26 juillet 2010

Tourne ta langue 7 fois...











Encore un autre mois est passé au pays de la Reine. Un mois où elle en a passé la moitié dans MON pays à moi (le Canada pour ceux qui auraient un doute), où le printemps s'est changé en été, où l'Angleterre a FAILLI performer dans la Coupe du Monde de soccer, où j'ai fêté le Canada mais pas le Québec (too bad) et où y c'est pas passé grand'chose, finalement.
Toujours à la recherche du job de mes rêves qui tarde beaucoup trop à venir, toujours désespérée à trouver un meilleur appart parce que la cohabitation avec les coquerelles m'exaspère mais ose pas bouger parce que ma situation précaire m'empêche de prendre trop de risques en déménagant dans plus beau et plus cher. Bref, je suis là, à attendre que ça se passe. J'ai terminé de déguster l'entrée de mon séjour au Royaume-Uni. J'attends toujours le plat principal. Mais le service est long, et je sais pas trop ce que j'ai commandé. Je peux aussi dire que je travaille trop quand je fais des métaphores avec la restauration.
Je prends au moins une décision par jour et me rétracte deux fois. Dans le dernier mois j'ai pensé apprendre l'Allemand, apprendre l'Espagnol, entâmer un BAC à Montréal, rentrer à Chicoutimi, rester ici pour la vie, aller en France, garder ma job, démissionner, garder ma job, démissioner, déménager, rester ici, déménager, arrêter de penser, penser plus... C'est le statut quo qui a gagné, la maudite girouette que je suis a finalement pas bougé d'un centimètre après avoir entrainé tout mon entourage dans mes tumultes intérieurs. Un million de choses se passent à l'intérieur, mais l'extérieur reste finalement inerte et t'as finalement manqué le bateau à l'avoir trop regardé et t'être demandés si t'allais monter dedans.
C'est peut-être mieux ainsi. Peut-être pas; j'ai pas encore décidé...

J'ai démissionné de mon travail mais je reste toujours muette quand mon patron me demande quelle sera ma dernière journée; parce que malheureusement pour moi, il a fait l'erreur de me dire: " Reste autant que tu veux, dis moi quand tu voudras finir " et comme je suis tout à fait incapable de prendre une décision, bien le statut quo l'emporte. Again.
J'ai contacté des annonces de chambres à louer, mais leur ai dit de laisser faire quand il m'ont répondu.
Malgré tout, ça va bien. Je mange des légumes, bois beaucoup d'eau et dors suffisamment. De toute façon, j'ai pensé aller mal ce matin, mais à midi j'ai changé d'idée.